Tout s’est passé si vite, un jour on était sur notre balcon à Carthagène, la semaine suivante on était sur une estrade à Barcelone ! Sur le balcon colombien on passait nos soirées à boire des coups et nos journées à chercher du boulot ou donner des cours de français ou d’anglais. Ironie du sort après 5 mois sans aucune réponse positive et, au moment même où nous annoncions – assez tristement je dois dire – notre départ à nos colocs, Joël reçoit un coup de téléphone pour une offre d’emploi à …. Carthagène ! Ah oui mais c’est à dire que dans deux jours on est à Bogota pour repartir en Europe et Joël vient juste de noyer son passeport dans la machine à laver! Plus de nouvelles de l’offre d’emploi, alors nous voilà à Bogota en train de s’arranger pour avoir de nouveaux documents d’identité et faire rentrer nos vélos dans « une boite qui ne doit pas excéder les 265 cm de périmètre » selon la compagnie d’aviation nationale. Le possible travail rappelle. Joel, serein, leur donne rendez-vous le lendemain. On est censé partir le SUR-lendemain. Restons calme, en plus je viens de voir que notre réservation de billet Bogota-Barcelone est annulée. Joël revient de son entretien le sourire plus gros que son premier jour à vélo, on se dit : « Et si donc en fait, on restait ? » On y croit déjà un peu moins quand on se rend compte que question papiers c’est pas facile et que l’offre au final n’est pas aussi pertinente. Et puis il faut le dire, depuis quelques temps on s’imagine de mieux en mieux aller s’installer au Tchad.
Mais avant cela, planifions le retour-surprise-à-vélo Barcelone Auxerre. Le frère de Joël vit à Barcelone, il va donc devoir nous accompagner jusqu’à Girone. On propose évidemment à Marc et Mireia, le couple d’amis catalans par qui nous nous sommes rencontrés en Bolivie, de partager un brin d’aventure avec nous sur les routes,…plus on est de fous plus on rit quoi ! Comme toujours avec eux, ils avaient de plus grands projets pour nous : « Restez à Barcelone et, s’il-vous-plaît, participez au 1er Congrès Catalan sur des Bloggeurs-tour-de-mondistes ou plutôt des Tour-du-mondistes-bloggeurs que nous organisons ce samedi!» nous dirent-ils persuasifs. « - Non mais c’est-à-dire que nous sommes cyclos avant d’être stars, alors en attendant votre congrès, nous on part à vélo jusqu’à Perpignan et puis…ben on revient en train, d’accord ? A dans 3 jours !». On ne pouvait pas trainer, nous nous étions fixé d’arriver le 22 à Auxerre, on était le 6, on avait 1000 km à faire.
Donc on équipe le grand frère de Joël en deux temps, trois mouvements (comme quoi c’est vraiment pas compliqué de s’organiser une petite échappée cycliste) et nous v’la partis sur les routes de Catalogne. Quel bonheur que de se remettre en selle, au bord de mer, et sur piste cyclable, s’il vous plait! Et déjà redécouverte des joies de la montagne avec le passage de la frontière au Pertus. La boucle Barcelone-Perpignan-Barcelone bouclée en 3 jours, nous revoilà à Barcelone dans le couloir d’une salle du Salon du Tourisme, badgés, à préparer notre exposé. 30 minutes de blabla que vous connaissez déjà tous en détails, vous, fidèles lecteurs. Bien rigolo comme expérience, soirée sympa, applaudissements généreux. Retour à Perpignan en TGV et redépart à vélo.
15 jours au total de vélo c’est court, très court. Mais c’est 15 jours pour rejoindre Barcelone à Auxerre par le Massif Central. 15 jours pour retrouver des sensations, avoir une tendinite, des allergies et arriver. Bon, c’est quand même le temps de devoir scier le cadenas de NOS vélos, pédaler par erreur sur une autoroute, faire une course avec un papi en fauteuil électrique, et avoir des bouteilles de vin offertes dans nos sacoches ! Ah oui quand même! 4 chouettes familles nous ont accueillis. Ainsi à Neffies, on squattait le jardin et la table de Chloé, Philippe et leurs enfants. A Chaudeyraguet, dans les montagnes, Thierry, Morgane et Ida nous sauvaient des -5 degrés de cette nuit-là. On y passa la soirée à tapisser le sol de cartes IGN et les murs de photos ! Christelle, Gilles et leurs enfants nous prêtaient leur chaleureuse maison à Sarpoil. Jacques et Elisabeth, eux, nous recevaient et nous bichonnaient alors qu’on ne leur avait demandé qu’un peu d’eau pour la nuit. Il nous a fallu – véritablement – mettre les chaussons sous la table ! Pleins de ressources et de bons conseils nous étions prêts à partir : « Vous prendrez bien une petite bouteille de rouge avec vous, non ? » Le soir même, au château de Sury on changeait de route en écoutant les propos avisés des châtelains et là à nouveau rechargé du précieux breuvage français nous dormions dans leur champ! Le soir suivant, nous campions librement dans un champ avec vue sur la colline où domine l’imposant château-fort de Druyes-les-Belles-Fontaines tout en dégustant notre vin et saucisson aux noix…pas si mal pour la dernière soirée du périple !
L’arrivée-surprise pour toute la famille à la maison et pour l’anniversaire – lui aussi surprise – de mon père fut très réussie !
On y posait les vélos et nous nous préparions pour le Tchad. Joël, lui, a déjà très chaud, moi je le rejoins en septembre.




Oulala chère cousine ton blog n’est pas mis à jour! A l’approche de votre départ pour de nouvelles aventures, un petit article sur le Tchad serait le bienvenu, penses à tes fans qui ont soif d’aventures ; ) A très bientôt, je vous embrasse!!!