Aujourd’hui c’est à froid et depuis le froid de la Belgique que je vous conterai nos aventures d’il y a trop longtemps. J’y mettrai peut-être plus d’emphase que d’habitude, un peu comme on mystifie des vieux souvenirs.
Nous en étions donc au passage tragique de cette frontière colombienne réputée si dangereuse. (Bon, en fait je vais peut-être m’abstenir au niveau de l’emphase) Au lever de notre dernier jour en Equateur il pleuvait fort. On attendait un peu que cela se calme sans aucun succès, alors on s’habilla de plastique de la tête aux pieds. Dans la descente de 15 km on ne croisa pas un pèquenaud, (oui c’est un peu bizarre à écrire ce mot) une route horrible car faite de cailloux et de terre sableuse. On avait froid, c’était beau mais ce n’était pas mon jour ! En pleine descente mais pas à grande vitesse vu les soubresauts, je m’arrêtais net, sans le vouloir. Impossible de redémarrer, je cherchais donc ce qui coinçait et je mis un certain temps à voir que mon porte-bagages s’était rompu et qu’il s’était effondré dans ma roue qui heureusement n’avait pas explosé. Rapide analyse de la situation : route esseulée, corps engourdis par le froid, porte-bagages inutile, et passage de la frontière obligatoire dans moins de 3h. Le temps de faire ce triste constat on laissa passer LE seul pick-up ! Joel lui, se marrait car il allait enfin pouvoir habiller son vélo de sacoches ortlieb rouges et belles (les miennes donc). Je rigolais un peu moins car je devais mettre mon sac à dos sur mon dos (à croire que c’était fait pour ça et pas pour mettre sur un porte-bagages), et un autre sac à dos devant moi (là par contre c’est pas du tout fait pour ça) et nous continuions de descendre. Quelques kilomètres plus tard je crevais de la roue avant ! Cette fois ci on arrêta LE pick-up qui passait. Il nous laissa en ville et au soleil afin que je répare ma roue. La frontière était encore à 15km de là, on la passera de nuit, exténués. Premiers pédalages colombiens en montées, heureusement la ville est proche, malheureusement ni les pompiers, ni les policiers ne peuvent nous recevoir, inopinément un flic nous invite chez lui, joyeusement on y restera deux jours et gratuitement on réparera mon porte-bagages !
Dire qu’on a eu le coup de foudre pour la Colombie est une chose, vouloir rester y vivre après une semaine en est une autre ! Malgré tout en arrivant à San Agustin, on ne pensait pas être à un twix d’acheter un terrain aux alentours de ce charmant village. 6 semaines passées là pour devenir des san-agustinois c’est-à-dire : travailler dans la finca à planter du café ; boire des bières avec les allemands du coin et faire du cheval. Donc on renonça à l’achat d’un terrain pour fomenter un plan diabolique : partir deux mois en Europe pour dire à tout le monde qu’on restait travailler et vivre en Colombie !
Lorsqu’on s’élança de nouveau sur la route on devait rejoindre Bogota en passant par Medellin, en un mois et demi pour faire 1000km dans les montagnes. Autant dire qu’on n’a pas traîné, qu’on a depuis des jambonneaux à la place des cuisses et qu’on veut vraiment rester en Colombie.
J’essaierai de ne pas trop traîner pour vous raconter la suite et promis j’essaierai aussi d’arrêter les blagues douteuses !
Et maintenant des photos
Dans le parc naturel, avant la frontière colombienne, c’était très beau et très mouillé
L’état du porte-bagages
La famille qui nous a recueilli à la frontière, un nid d’amour
Petit passage par la Laguna La Cocha, magnifique mais route très dure
Promenade à cheval aux alentours de San Agustin
Faut bien travailler un peu!! Alors on plante du café, entre des pousses de maïs, oui






