Si on peut dire que le voyage à deux c’est mieux, alors le voyage à trois c’est quoi ? C’est d’abord une troisième compère et donc encore plus de rires, de situations partagées, enjôlées à la découverte du nord du Pérou. Malgré tout cela, le nord reste la partie la plus dangereuse du pays. Ce qui nous a donné droit à des escortes de police et d’un « buen viaje » salué par le haut parleur de la jeep de la police. La voix grésillarde raisonnait encore d’un rappel à l’ordre quelconque.
Bien différent ce nord du Pérou, les gens moins portés par l’argent, mais bien plus par l’océan et ses montagnes jaunies par la sécheresse. De surprenantes rencontres, comme cette séance photo avec un maire en campagne, ou le genre de personne fort aimable qui ralentit sur la route pour vous donner un billet de 20 soles en vous encourageant ! Ou encore le genre de famille chez qui nous avons passé deux jours, une excellente première baignade dans l’océan pacifique et la visite d’une entreprise de production de yaourt, -certes c’est moins glamour mais ça n’en reste pas moins intéressant, surtout au moment de la dégustation en revenant des étables ! A Pacasmayo nous partagions quelques jours de repos avant de nous attaquer à la traversée d’un désert de 200km. Trois jours de soleil, vent, sable et d’eau ingurgités. Beaucoup d’eau. Une fois que nous quittions la panaméricaine pour prendre une route secondaire, nous découvrions ce qu’on appelle un BEAU désert. Quelques arbustes parsemaient ces douces dunes. Mais cette magie du paysage se déchaina à notre arrivée à Parachique. Tout le village était en fête. Pour l’occasion un arbre avait été rempli d’objets en plastique (bassines, verres, passoires…) tel un sapin de noël ; il allait être décapité quelques heures plus tard et assailli par les gens autour, arrachant à ses branches les précieux objets; il fallait voir la fougue qu’ils y employaient. Joël, bien décidé, se jeta dans la foule en délire pour attraper le drapeau qui autrefois surplombait le conifère et qui maintenant faisait partie d’un massacre. Nous le voyions se débattre à travers la fumée qu’élevait cet assaut. Il en ressortit gagnant assez vite et aujourd’hui le drapeau de tant de convoitise flotte fièrement à l’arrière de son vélo. Mais c’est bien l’arrivée elle-même qui est à retenir de cette soirée. La rue où se passait la fête n’était pas bien large, les gens, peut-être cent, mais une centaine de personnes autour de toi, à poser des questions, à rires, à se pousser pour être à coté de toi, juste sur tes pieds, ça donne une impression de masse vivante qui voudrait te dépecer, ou qui se rapprocherait de toi pour mieux t’engloutir. Et puis des bras sortent de ce magma vivant pour tendre un verre de bière, puis une petite main empoigne la tienne et ne te lâche plus, mais déjà une autre te tire pour danser et te voilà partie devant l’orchestre alors qu’une dernière main sournoise badigeonne ton visage d’une peinture épaisse et qui sent l’essence. A partir de là on organisa une solution de replis : nous déposions nos vélos à l’abri dans une maison voisine. Les enfants du village nous suivirent et, l’un après l’autre nous répondions aux questions et aux gentilles moqueries de celui qui voulait faire rire ses copains. Une fois l’arbre mort et désossé, l’orchestre alla faire un tour et nous partions manger du riz cantonnais qu’on nous avait offert le midi. Comme l’orchestre ne revenait pas, les habitants rangèrent l’estrade qui avait été prévue et allèrent doucement se coucher. Vers minuit l’orchestre revint, les instruments de musique qui sonnaient se firent mettre au silence par un habitant réveillé et pas content, mais aussi amusé de ce retour tardif!
Après un détour dans l’un des plus beau musée d’Amérique latine sur la tombe du Seigneur de Sipán où nous jouions les archéologues tant le musée était bien fait, nous rejoignons Mancora, bien connue pour sa plage et ses jeunes surfeurs gringos. Là, nous y retrouvions July connue à Lima pour le fameux noël de folie que nous y fêtions (je m’excuse auprès des personnes qui lisent en zozotant !). Donc bien sûr qu’à Mancora nous passions aussi de folles soirées, bercés par l’océan, ses flots de musique et d’alcool, les uns se déversant sur la plage pendant que les autres se versaient dans nos verres.
Puis nous longions l’océan, pour y découvrir de magnifiques plages désertes. Incapables de résister à la tranquillité du lieu nous nous y arrêtions pour une journée hamac en bord d’océan. Lucie y devint experte en crevaisons successives, les environs étaient recouverts d’épines ; nous en avons tous été victimes, mais Lucie vous dirait maintenant : « oui, c’est bon, je SAIS réparer une crevaison, c’est bon, j’ai compris. » La pauvre, elle répara jusqu’au magnifique couché de soleil.
Et enfin on s’approcha de l’Equateur. Ce pays éveillait en moi les plages des caraïbes. Nous n’en verrons rien, nous prenons la route des montagnes vertes, le cœur du pays.
Bien sur des photos sur le picasa.



Hola Jacinta y Joel:
Qué bueno que les gustó tanto el viaje por el norte del Perú.
Es bueno tener noticias suyas porque los queremos mucho.
Que siempre les vaya muy bien por todos los caminos del mundo.
Un abrazo.
Afectuosamente,
Paolo
Pacasmayo-Perú