Abonnez-vous aux 
Articles
Commentaires

Nous sommes finalement sortis de cette magnifique route à travers la jungle, à contre coeur à vrai dire. Des sons, des odeurs, des images et des sentiments qui me sont encore difficiles à mettre en mots. Promis c’est pour bientot. Et vive la Belgique!

« En Bolivia, todo es posible… pero nada seguro » (En Bolivie, tout est possible… mais rien n’est sur), voici le dicton qui regie nos journées du moment. Tout a commencé par une « conférence ». A Santa Cruz, on m’a proposé de montrer mes photos de voyage à une association de cycliste. J’ai accepté, mais je ne m’attendais pas du tout à avoir un rétroprojecteur, un public, des questions avec mains levées (s’il vous plait !) et même des applaudissements. Je ne suis pas sûre d’avoir été á la hauteur, mais parler de mon voyage reste un grand plaisir ; surtout que repartager ces moments c’était un peu les faire revivre.
Et puis nous sommes partis sur la route. D’abord de l’asphalte et on a vite bifurqué sur un petit chemin tellement plus tranquille et tellement plus beau. Joël a dû faire face à ses premières crevaisons grâce auxquelles un monsieur a eu pitié de nous et nous a offert un pique-nique de roi. Il a également dû faire face aux nombreux cassages de chaînes, ce qui nous a ainsi permis de devenir des pro du dérive chaîne.
Et puis Joël m’a fait part de son envie de développer son talent artistique à base de jonglages, acrobaties, enfin ce qu’on serait capable de faire (du coup pas grand chose !!) et deux jours plus tard nous tombions sur un groupe de cirque à vélo. De vrais hippies avec rien sur leur vélo à part instruments de musique et de jonglages. On passait deux jours avec eux à San Ramon, le temps d’apprendre à faire des chapeaux en feuille de cocotier et d’aller au cirque, mais le vrai, avec des nains, des contorsionnistes et même des lanceuses de couteau !
Nous repartions avec l’un d’entre eux, Juan, qui nous initia au ukulélé pour Joël, et à la percussion pour moi. Nous entrions par la grande porte car nous avons donné notre premier concert et interview radio par la même occasion à San Xavier. En une après-midi nous avons appris quelques notes et quelques rythmes puis nous sommes allés jouer chez cette famille.
Depuis le départ de Santa Cruz tous les jours on se dit que la vie est décidemment bien jolie. Il faut dire que les paysages sont magnifiquement verts, il fait beau, voir trop chaud parfois et les gens que nous rencontrons sont tellement adorables. Comme cette famille rencontrée au bord de la rivière où nous nous rafraîchissions et qui nous a offert un peu de son barbecue ; comme Alfonso qui nous a offert à manger et a payé toutes nos bières; comme Miguel Angel qui nous a hébergé deux jours dans une de ses petites cabanes et qui nous a présenté avec amour tous ses arbres fruitiers, et comme cette dame à Conception chez qui nous allons cuisiner tous nos repas. Et puis pour couronner le tout nous formons une bonne équipe.
Nous sommes depuis hier à Conception et nous reprenons la route demain pour s’enfoncer dans l’Amazonie. Bientôt finie la route asphaltée et touristique des missions jésuites ! Hasta luego
désolé pas trop de photos pour le moment, ca n’avance pas !

DANS LES NUAGES

 

De Cochabamaba à Santa Cruz j’avais prévu 10 jours. Je l’ai fait en 7 jours et c’était deja trop ! Passer de 2700m à 400m d’altitude n’incluait pas, selon moi, des cols de 3500m voir 4000m. Cela n’incluait pas non plus traverser un lieu appellé à tres juste titre La Siberie. Surtout que les infos qu’on m’avait données sur la route étaient bien sur erronées, peut etre le monsieur avait voulu preserver mon enthousiasme.

Donc le 1er jour c’est asphalté, ca monte pas beaucoup, il y a plein de trafic et à 12h le vent se leve de face et super fort ; en gros c’est assez chiant.

2ème jour, depart 7h, le vent est déja levé, deja de face. S’y ajoute quelques gouttes. En debut d’apres midi le vent est de coté et me fait faire des ecarts de route, j’ai pratiquement fini dans le ravin !

3ème jour, toujours du vent mais cette fois ci de dos ! C’est donc le terrain qui va faire des siennes, je passe d’une vallée à une autre, en descendant j’entrevois deja la montée qui m’attend. L’asphalte est devenu un souvenir nostalgique. Je ne vois pas le bout de cette montée qui se perd dans les nuages. Je suis tres contente de traverser les nuages, mais juste 2 minutes, car un nuage c’est froid, humide et venteux. En plus c’est un peu dangereux sur la route car la visibilité est considérablement réduite. J’apercois la prochaine montée dans un nuage bien gris, le temps se déteriore, j’arrête une camionette. Le chauffeur se croit sur un rally, je quitte son vehicule assez rapidement.

4ème jour, la traversée de la fameuse Siberie. Endroit incroyable. Lorsque j’arrive à El Churo à 3500m je me crois tirée d’affaire. Je viens de monter pendant 25km, le terrain recommence un peu à descendre et surtout j’entrevois enfin le soleil. Et puis en un virage, et exactement 9 minutes après El Churo arrive le village de La Siberie, qui se trouve dans les nuages. Ca me fait rire parce que en un virage on passe du soleil au nuage. La suite est nettement moins drole. Les nuages se densifient en une brume épaisse. Je vois à peine les bords de la route. J’ai l’impression qu’il fait nuit alors qu’il est 11h. Il y a pleins de croix de morts sur le bord de la route. Je suis trempée car il pleut, et meme avec des gants je ne sens plus mes doigts emkylosés par le froid. Ca descend sur un chemin de merde alors je freine beaucoup ; et du coup je freine de moins en moins bien (mes freins se détendent,… eux !). Et puis la « route » devient une bonne grosse gadoue qui colle. Enfin,  plus de 2h pour faire 20km ; grand moment de desespoir et de solitude surtout quand j’arrete un camion en le suppliant de m’emmener et qu’il me donne un faux rendez-vous quelques metres plus loin (certains expliqueront sa reaction comme la peur que je sois une ame perdue). Je sors enfin de là, les nuages ne sont plus sur la route mais dans la vallée, du coup on ne voit pas le paysage, je n’ai rien mangé depuis 3 heures (en velo ca fait pas mal deja), je suis usée. La route continue de descendre, j’ai desormais un frein en moins. J’arrete un camion. J’arriverais vers 22h à Samaïpata. Je choisis la pension Vargas car de mémoire j’ai toujours été bien recu chez les Vargas et j’ai besoin de me sentir bien. La encore ca ne loupe pas !

5eme jour repos et nettoyage du velo. La gadoue ne lui plait pas et maintenant il a du sable dans le mecanisme.

6eme jour l’asphalte est revenu, il n’y a plus de vent et ca descend. Je subis une déformation du mollet due aux piqures de petits insectes oranges que j’ai laissé se poser sur ma jambe car ils n’avaient pas l’air mechants. Le soir j’arrive à la Guardia où est organisée une feria de cuisine traditionnelle : enfin une bonne nouvelle ! Je me fais heberger par les flics, je pose mon duvet dans la cour qui leur sert aussi de garde à vue. Je suis à coté de la cellule, une vraie avec des mechants dedans. J’admire la tactique policiere : une maman vient voir son fils aux barreaux de la cellule, tous les flics sont la autour et raisonnent le prisonnier : « bah oui, ecoute un peu ta maman, elle a raison… »

7eme jour, arrivée à Santa Cruz, il fait super chaud j’apprecie grandement la douche froide.

Le 6eme jour j’ai aussi rencontré Jaime sur la route, un cycliste habitant Santa Cruz et qui m’a fait connaitre Gina, qui s’occupe d’une association de cycliste : los pedaleros de urubó. Une super rencontre, on s’est fait chouchouter avec le belge Joel; ils nous ont grandement nourris en glace, promenés en voiture et conseillés pour l’achat de materiel (notamment un nouveau velo pour Joel, et un nettoyage du mien), et ont été un super public pour ma première conférence photo-voyage !!!!! Je vous raconterais tout ca plus tard car nous voila désormais partis sur la route des missions jesuites et du parc noel kempf mercado. A nous la jungle !

salar

A peine le temps de se remettre des courbatures du Huayna Potosi que je faisais demi- tour vers le salar de Uyuni. J’avais du temps à combler en attendant l’arrivée de mes parents. Du coup avec Tae Hun (le coréen), Joël (le belge) et un japonais on se rend à Uyuni en bus. Arrivée là bas je me décourage face au sud lipez à vélo et je prends un tour en 4×4 avec Joël, un couple de vieux hollandais presque muets, un japonais qui chante (Tama) et un anglais (Luke) pour qui le lama ne représentera désormais plus un simple animal, mais tout un tas de délire que nous avons eu pendant ces trois jours. Je ne regrette pas vraiment d’avoir fléchi car le chemin était vraiment dur, et puis les paysages bien que jolis ressemblaient à tout ce que je voyais depuis maintenant deux mois en Bolivie. Bien sur il y avait des endroits particuliers très beaux (montagnes, lagunes…), mais tout ça pour autant de difficulté et de souffrance cycliste, merci mais pas pour moi ! On a d’ailleurs croisés des cyclistes courageux dont deux français qui font le tour du monde pour créer des entreprises de micro crédit (et qui en plus ont un blog). Donc globalement ces trois jours en 4×4 c’était bien. Mais c’est très rapide, pas le temps de s’imprégner des paysages, juste assez pour se raconter des conneries avec Joel et Luke. Surtout qu’on est loin d’être tout seul dans le désert, du coup on croise pleins d’autres 4×4 remplis de touristes. Il m’est alors difficile de ne pas me moquer d’eux, vu que pour une fois je suis comme eux ! Donc premier jour sur le salar à tenter de faire les photos montages, plus dur que ça ne parait, surtout si on veut éviter toutes celles qu’on a vu auparavant. 2eme jour on entame le désert et ses lagunes colorées. Et les bouteilles d’alcool font leur apparition le soir, uniquement pour se réchauffer car le froid est glacial durant la nuit. On aurait bien voulu se réchauffer avec les lamas mais ce sont des animaux très timides. 3eme jour on devait aller se mouiller dans des thermes chaudes, quand on a vu la piscine, les gens dedans et ceux autour qui prenaient des photos ça nous a découragés. Et puis on a fait beaucoup de voiture entre la frontière chilienne et Uyuni, tout ça presque sans pause. Les jours d’avant, aux attractions jolis endroits on avait droit à 15 minutes de pauses photos, c’était cool (!). Le soir, retour à Uyuni, Luke prend un bus pour La Paz, Joel pour Potosi et moi pour Cochabamba. J’ai en effet un peu changé mes plans, quand Joel m’a dit qu ‘il prévoyait d’aller au parc national Noel Kempff, un endroit loin et difficilement accessible ça m’a tout de suite interpellé. Du coup il y a de grandes chances pour que l’on se rejoigne à Santa Cruz pour y aller ensemble à vélo.

Sinon je suis depuis hier à Cochabamba donc. Il faut savoir que la Bolivie c’est grosso modo 2 paysages distincts : l’altiplano (la partie montagneuse à plus de 3000m) et le reste, entre vallées et Amazonie. Impressionnant contraste peu distancé mais très marqué, aussi par les habitants. Là où je me trouve c’est assez riche, les gens ont la peau plus claire, mettent de la crème solaire et de grosses lunettes de soleil. Mais je suis tombée dans un bon jour, c’était la première feria du sport, pour l’occasion la ville était entièrement piétonne, du coup tout le monde à vélo (sauf moi pour le coup car mon cher et tendre avait pris un choc dans le bus… je vous rassure il va mieux). Et puis il fait beau, chaud et les gens sont en short ! Il y avait des stands de tous les sports partout, des échecs, du base-ball, de l’escrime, des militaires qui n’arrivent pas à faire leur pyramide humaine, des stands de chiots à vendre ( !) et surtout un groupe de jeunes qui font une super danse (mettez y un peu d’ironie quand vous lisez) avec des paroles intéressantes du genre : « tu peux protéger ton corps mais pas ton âme » et des tee-shirts PATSIDA. J’ai voulu savoir de quoi s’agissait tout ça et j’ai été bien surprise ! 1ere surprise quand ils ont distribués des boites de préservatifs avec un code barre marqué Jésus. 2eme surprise quand le mec a expliqué qu’il pouvait servir trois fois. A ce moment je me suis dit qu’il y avait une couille (admirez le jeu de mots) et je n’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir la boite qui contenait… 3 autocollants : dignité- fidélité- abstinence !!!! … Vive Jésus ! (Mettez y toute l’ironie qu’il vous reste !). Demain je me dirige vers Santa Cruz que j’atteindrais d’ici une petite semaine. Je vous bise et protégez vous… de quelques façons que ce soit !

Demandez l’programme !Beau programme

 

Depuis que je suis en Amérique du sud, j’ai formé plein de rêves, des choses que j’aimerais faire, voir… ce sont des choses auxquelles je n’avais pas forcement pensé avant, mais en voyage on rencontre toujours des gens de bons conseils ou qui du moins vous donne de bonnes idées.

C’est ainsi qu’était née l’idée “d’escalader” une haute montagne, genre avec de la glace, de la neige. Un haut sommet quoi. On m’a parlé du Huyana Potosi, haut de 6088m il était très accessible aux débutants et aux petits budgets.

Et puis j’avais aussi lu que le Chacaltaya, une ancienne station de ski aux portes de La Paz à 5300m pouvait être sympa. J’ai donc réussie à convaincre le Coréen et un Bolivien pour y aller en vélo. Pour vous mettre dans le bain, c’est 35km de montée, puisque nous quittions le centre de La Paz à 3480m pour arriver à 5300m. Du coup je crois légitime de dire qu’on en a chié. Tellement dur qu’à la fin on s’est tous mis à marcher à coté de nos vélos, la route n’aidait pas (cailloux), l’altitude non plus. Malgré tout c’était magnifique, la montagne, les lagunes, la vue sur La Paz et même jusqu’au lac Titicaca ! On est partis à 8h30 pour arriver au sommet à 16h. Du coup la descente a dû se faire très vite pour ne pas arriver à La Paz de nuit. Autant vous dire que ça a raté on est arrivé en pleine nuit noire à l’hôtel, et on était super content d’être arrivé en vie ! Et puis pour fêter ça on est allé manger coréen le soir. Super bon, mais très épicé !

Vue pendant la montéeChacaltaya

 

Allez encore un effortChacaltaya

 

Mais tout ça c’était pour moi un entraînement, histoire de voir ma résistance à l’altitude, et comme ça avait été je décidais de me diriger vers le Huayna Potosi. Le coréen était aussi de la partie. On choisit une agence qui nous fait payer 80euros pour 3 jours tout compris et qui nous prête l’équipement. Le seul bémol est qu’on était 11 personnes. Je croyais que ça allait être problématique genre tour organisé, mais en fait pas du tout, c’était même super sympa. C’est-à-dire que les gens étaient vraiment cool, une japonaise, deux catalans, un américain, un anglais, un belge, deux boliviens et une équatorienne. (J’aurais même pu commencer mon récit par : c’est l´histoire d’un belge, d’une japonaise… parce qu’en plus on s’est bien marrés !)

Donc le premier jour on s’est entraîné sur un vieux glacier à marcher avec les crampons, à utiliser un piolet, et même à faire une descente en rappel. Bon jusque là rien de trop dur, c’était juste très sympas comme expérience. Le soir au refuge on mange bien, on fait même des jeux devant la cheminée et on met presque le feu à tout le refuge en allant se coucher et en se laissant enfumer jusqu’aux dortoirs !  Le lendemain on monte au refuge à 5300m pour y passer la nuit. 3h de montée avec nos sacs qui contiennent tout l’équipement, ça monte pas mal puisqu’on part de 4700m. Arrivée au refuge, juste le temps de se « battre » pour les places pour dormir, avant qu’on nous dise que « il y a 5 matelas pour 9 personnes c’est mieux, ça vous tiendra chaud » ! On mange vers 17h et puis à 18h il faut dormir vu que le levé est prévu à 1h30 du matin. Plus facile à dire qu’à faire, va faire dormir 13 personnes plus les guides, à 5300m d’altitude où tu dessèches rapidement, donc tu bois, mais presque aussi vite tu dois aller faire pipi dans le froid et ainsi réveiller tout le monde. Enfin réveiller, c’est un grand mot, je crois que personne n’a dormi plus de 4h cette nuit là. Perso je dois avoir entre 1h30 et 2h de sommeil, quand les gouttes de condensation du toit ne me réveillaient pas ! Du coup levé un peu dur, mais l’excitation prend le relais.  Et là on s’élance par groupe de 3, deux personnes et un guide. La montée se fait en 5h environ. On monte dans le noir et le seul panorama que j’avais devant moi était les pas du guide, la corde qui nous sert de sécurité et mon piolet. Pas trop le temps ni l’envie ni même l’énergie de regarder aux alentours, de toute façon tu ne vois rien si ce n’est les lampes frontales des autres personnes, comme des lucioles. Je restais très concentrée sur mon souffle et voir si j’avais aussi mal au crâne que durant la nuit, mais tout s’est bien passé. Arrivée presqu’au sommet, on se repose un peu avant d’entamer l’ultime montée et la plus dure, un petit mur de 45degré qui nous amène sur l’arête. Bon on ne marche pas vraiment sur l’arête mais un peu sur le rebord. Et là c’est limite la cohue car il faut laisser  descendre ceux qui sont montés, vu que au sommet tu tiens à 3 maximum. Et puis le chemin n’est pas large non plus. Sur notre groupe de 13 personnes (2 équatoriens se sont rajoutés le dernier jour) 8 personnes sont arrivées au sommet. Je dois dire qu’une bonne condition physique aide pas mal, mais c’est surtout pour le mal d’altitude que certains ont renoncés.

Arriver au sommet est quelque chose de vraiment fort émotionnellement parlant, surtout pour une première fois et je dois même avouer que des larmes ont coulées pendant un bon moment. La vue est absolument magnifique, et la joie de voir qu’on a réussi est très présente. Il m’est assez difficile de décrire tout ce qui se passe à ce moment où tu t’assois au sommet et où tu regardes tout autour de toi, et où à travers le paysage tu vois ce que tu as accompli. L’orgueil n’a rien à faire là dedans, juste une grande félicité. Bien sur il y a toute la fatigue et la tension accumulée, mais tu ne les sens pas. La descente se fait de jour et on voit enfin  tout ce qu’on a pas vu auparavant, comme des formations glacières et aussi tout pleins de crevasses infinies qu’il faut enjamber, ou bien traverser sur de tout petits ponts. Mais vraiment c’est beau tout ce blanc et toutes ces montagnes autour, et cette mer de nuage qui semble nous entourer, nous protéger du reste du monde. Arrivée au refuge de 5300m, à peine le temps de se reposer un peu qu’il faut redescendre jusqu’à celui de 4700. Fini la neige et les crampons, là on passe aux cailloux et avec le sac de 12kg et la fatigue accumulée c’est dur, alors on dérape beaucoup, on glisse une ou deux fois mais surtout on marche au ralentit. Heureusement une bonne soupe chaude nous attend au dernier refuge, et puis on prend le soleil en attendant les autres qui descendent à leur tour, chacun selon son rythme. Le soir à La Paz on se retrouve pour aller manger ensemble, et on va se coucher exténués mais heureux vers 23h. De biens belles journées que j’ai passées là, en espérant que ça continue, mais pas aussi fort, mon cœur ne tiendra pas le coup !

Je vous laisse avec quelques photos, n’hésitez pas à aller sur Picasa y’en des mieux et plus!

 

Le groupe au complet devant le Huayna PotosiHuayna Potosi 6088m le groupe

 

Vue du sommet sur la Cordillère Royale. On voit aussi la route pour monter et quelques taches, ce sont des gens!vue du sommet

La paz de loin

Voici une jolie photo de La Paz, de loin, genre à 35km de là et à quelques 5300m d’altitude (histoire de vous donner un avant gout du recit de l’ascension du Chacaltaya d’où est prise la photo.) C’est juste pour que vous visualisez bien l’image de la cuvette.

 

Je quittais Villa Remedios au petit matin. Il me restait 40km de plat. D’ailleurs de Villa Remedios on voyait La Paz, ou du moins une grosse tache bleue au loin. J’avais aussi oublier de vous préciser que depuis une quarantaine de km j’avais un nouveau panorama de route fort agréable : une belle chaîne de montagnes aux sommets enneigés, les uns plus hauts que les autres et qui porte le nom de Cordillère Royale, rien que ça !  

 Donc me revoilà partie, ravie d’atteindre la grande ville. Sauf qu’à mi-chemin on rentre en agglomération ou zone industrielle (ça dépend comment on voit la chose) pour ne plus la quitter. Fini la pampa, la nature, le silence, les lamas et les moutons dont les poils et les bêlements hantent encore mes nuits. Bonjour voitures, camions, minibus, klaxons, code  de la route inexistant et surtout ces pots d’échappements, fumée noire et tellement épaisse qu’elle ne s’envole pas, au lieu de ça elle reste collée a toi et j’ai l’impression de me balader avec un nuage de poisse autour de moi. La route est toujours droite mais je prends encore moins de plaisir que dans la pampa (c’est pour dire !). Et puis pour rentrer dans La Paz je me retrouve devant l’entrée de l’autoroute et un joli tas de fumier devant le  panneau « Bienvenus à La Paz ». Je prends donc une route secondaire, mais juste avant je jette un coup d’œil incrédule sur la ville. Plongée dans une cuvette la ville est construite depuis le haut, sur les flancs de montagne et jusque tout en bas (en fait dans le centre on est à 3200m d’altitude et tout en haut à 4000m !) j’avais vu des photos, mais en vrai c’est encore plus impressionnant. Du coup je décide moi aussi de prendre des photos. Et puis avec le vélo devant c’est la classe. Je le pose donc en rebords du « précipice » et je shoote comme on dit entre photographes ! Et là j’ai THE bonne idée, je vais faire une vue plongeante de mon vélo et de La Paz en bas. Pendant que j’installe mon trépied j’entends 2 boliviennes qui poussent un petit cris suivis de rires étouffés et d’un gros schgron….. (un truc qui tombe quoi). J’ai juste le temps de lever les yeux que je m’aperçois que ce truc c’est mon vélo qui vient de dévaler entre 5 et 10 mètres sur ces fameux flancs de montagnes. Il tombe dans un terrain vague près d’habitations. Je rigole un peu en espérant que rien ne soit cassé et descend le chercher. Je demande à une dame de m’ouvrir sa cour car remonter cette pente serait impossible, déjà que je glisse en descendant ! Du coup je le remonte petit à petit par les escaliers. Après vérifications rien de cassé, bon il manque un bout de pédale, mon porte bagage est tordu mais tout roule !  Je commence à vraiment bien l’aimer ce vélo ! Je me remets doucement de ces émotions et entame la descente jusqu’au centre ville que j’atteindrais 30minutes plus tard ! C’est que la route est en lacet et offre de jolis panoramas.  Plus on descend et plus ça ressemble à une capitale : en effet plus personne ne répond à mes « Hola ! » et puis je croise ce monsieur qui court vers son bus, et sans s’arrêter me crie « d’où viens tu ? » je lui répondrais sans même savoir si il a entendu ou pris son bus ! Et puis vraiment vers le centre tout se densifie : les gens, le trafic, le bruit. Je réussis à trouver l’hôtel et dans mon dortoir je rencontre un coréen à vélo qui va vers le sud. La première nuit je dors très mal, la chambre donne sur la rue et une discothèque, et mon oreille avait oublié ces bruits de ville. Et puis peu à peu je me rends compte que je suis dans un repère de français, certains plus cons que d’autres comme cet imbécile, en réaction à des fumeurs qui se trouvaient à l’étage en dessous (je précise) : « Arg ça pue la cigarette ! » « Qui est-ce qui fume ? » plus fort : « Qui est-ce qui fume là ? » « On va quand même pas se laisser emmerder jusqu’en Bolivie ! » (Tout ça avec une gueule de con en plus !). Bon heureusement j’en ai rencontré des cools avec qui on a passé de bonnes soirées. Le genre de soirée où le lendemain tu culpabilises en te disant qu’en un repas tu as dépensé l’équivalent de 2 nuits d’hôtel, jusqu’à ce qu’un autre relativise : « oui enfin ça ne fait que 5euros ! ». 

Bon et puis au fil des jours on s’y fait à La Paz.  Ah sinon le Chacaltaya c’était parfait : très beau et très dur ! Mais je vous raconterez ça une autre fois.

Je vous laisse avec des photos, j’en ai mis aussi sur Picasa.

 

AVANT

La Paz

 

APRES

velo dasn la paz

On n’arrête pas le progrès! Je vous ai mis des traductions de mon superbe blog. Vous allez ainsi pouvoir le lire en pleins de langues!! C’est-y pas génial ca?? Malheureusement ca reste de la traduction gogole pour pas le nommé et le décrire!
Sinon les nouvelles arrivent, là je suis en pleine préparation mentale et physique car demain avec d’autres cyclistes nous allons pédaler jusqu’au sommet du Chacaltaya à 5300m. 35km de pure montée de 3700m à 5300m. Je me demande encore pourquoi j’ai eu cette idée!!

                       BIENVENIDOS               WELCOME               BENVENUTI          BENVINGUT

Alors voila, rien que pour vous, -c’est que je vous gâte-, je vous ais mis une page avec tout plein de cartes et de dessins de mes trajets. Bon alors c’est en paint, donc va pas falloir être trop exigeant non plus. Vous trouverez cette merveilleuse rubrique en cliquant sur “cartes” au dessus de la bannière photo. A plus

Uyuni (6)

 

Ou  24 heures pendant lesquelles je m’aperçois que la colère peut être un bon moteur.

2h du matin : Comme toutes les nuits depuis une semaine je me réveille et dors par intermittence jusqu’au matin.

5h15 : Le réveil sonne. Dur dur le lever pour prendre le bus de 6h.

5h45 : Je m’élance dans le froid pour attendre le bus sur la place du village.

6h : Je croise quelqu’un  qui me dit que le bus arrive à 6h30. Je me recroqueville dans mon poncho, c’est qu’il fait sacrément froid. Je vois quelques étoiles filantes. Je suis calme.

6h30 : Je ne sens plus mes orteils. Le bus arrive.

7h : Départ du bus. Je crois que j’ai perdu mes pieds. Le levé du jour sur les montagnes est très joli.

10h : Arrivée à Patacamaya d’où je prends la route en vélo pour La Paz à 100km de là. Le chauffeur tente une arnaque sur le tarif. Je pars.

10h30 : Arrêt pour petit déjeuner au bord de la route. Ce que  j’avais préparé est dégueulasse. Je renverse la moitié de mon eau patiemment filtrée hier pendant une heure. Je me rends compte que j’ai oublié mes gants dans le bus. Je commence à être énervée.

11h : Je m’aperçois que je suis très en colère. Je peste contre n’importe quoi, y compris les petits cailloux sur la bande d’arrêt d’urgence-trop petite au demeurant.

12h : Je salue des boliviens qui me remettent du baume au cœur avec leur : « ¡Hola amiga ! » (salut l’amie) et « que te vaya bien » (bonne continuation).

13h : J’insulte le vent de face et les pots d’échappement des camions. Je fais un doigt d’honneur à un  bus qui me frôle mais qui n’a pas de rétroviseur. Ca me fait rire.

13h30 : Je déjeune du pain rassit avec du fromage de 3 jours.

14h30 : Après 40km je commence à être fatiguée. Je continue pour arriver à mi-chemin avec La Paz. Sur la carte Villa Remedios (ville remèdes) semble un bon point de chute pour tout ce que j’ai accumulé depuis le début de cette journée.

15h : Je croise une australienne à vélo qui me demande si j’en ai pas marre des hommes. Je mets du temps à comprendre qu’elle fait allusion au fait d’être une fille seule face aux hommes machos d’Amérique Latine.

16h : J’arrive à Villa Remedios où j’aperçois quelques maisons abandonnées qui pourront servir comme dernier recours.

16h05 : Enfin un portail ouvert pour demander l’hospitalité. Pas de chance, c’est une maison en chantier, les ouvriers me conseillent de prendre un bus jusqu’à La Paz car il n’y a rien pour dormir ici.

16h10 : Deux dames sur la place m’indiquent l’hôpital où je pourrais peut être poser ma tente.

16h15 : Refus de l’hôpital qui m’indique vaguement la maison de l’autorité locale.

16h18 : L’autorité locale est absente. On m’indique le « junto de los vecinos ». (un mec qui s’occupe des relations entre les voisins, je crois)

16h20 : Il n’y a personne au bureau du « junto de los vecinos », on m’indique sa maison.

16h30 : J’ai un peu de mal à la trouver. Le monsieur est absent, sa femme ne peut rien pour moi. Je me sens rejetée. Je quémande un peu d’eau pour retourner aux maisons abandonnées et y camper.

16h40 : Je m’arrête pour discuter avec une dame curieuse. Elle propose de m’héberger. Sans le savoir elle me sauve ma journée et ma nuit.

17h30 : Je m’installe chez elle, je passerai une très bonne soirée entre discussions banales, présentation du reste de sa famille à travers les albums photos et discussion religieuse. Je réussirais même à placer quelques mots de quechua avec son mari.

23h : On va enfin se coucher, ça fait du bien. Réveillée à 7h ce n’est qu’a 8h que je trouverais la force de me lever.

 

Je suis depuis peu à La Paz. Bientôt les aventures de mon arrivée fracassante dans cette grande ville.

Sajama

Le poids des mots, le choc des photos, non en fait juste le choc des photos. Et si vous êtes sages il y aura même une petite video dans Picasa, dossier videos.

Voici donc l’eglise du village et le Sajama derrière, la plus haute montagne de Bolivie.Sajama

 

En promenade dans le parc, un petit villageparc Sajama

Un volcan et une montagneparc Sajama

Un animal, avec toujours ces montagnes derrière, sublimes.Parc Sajama

 

La piscine naturelle des thermes d’eau chaude, une merveille!Parc Sajama

 

Bon et puis j’ai remis à jour les photos sur Picasa. et puis toujours la vidéo, mais ca c’est à vos risques et périls!

Messages Plus Anciens »